Coup dur aux portes de l'Atlantique

October 22, 2017

 

 

Le vendredi 20 octobre, Valéry …..

 

Le détroit de Gibraltar est un lieu compliqué pour la navigation à la voile. Les courants y sont forts et le vent s'y accélère par effet venturi. La météo pour ce vendredi s’annonçait pourtant clémente avec 10 noeuds et le courant portant pour sortir du détroit. 

 

Les choses ont été bien différentes, écoutons le récit de Valéry:

 

"Canquin et moi même étions fin près pour cette traversée en direction des Canaries. Nous quittons le port de La Linéa à 14h15 en compagnie d’Albacore 5 un autre voilier se rendant aux Canaries. Arrivés aux portes du détroit nous avons vite déchanté car les 10 noeuds d’ouest annoncés se sont transformés en 30 noeuds avec des rafales à plus de 35 au secteur sud-ouest, bref pile poil dans le nez !

 

Côté courant, là aussi rien ne se passe comme prévu. Il faut comprendre que passer le dédroit de Gibraltar d’est en ouest n’est pas chose simple pour un petit voilier. La Méditerranée s’évapore plus vite que l’océan Atlantique créant une différence de niveau et par la même occasion un courant permanent d’ouest en est. 

 

La tactique pour sortir du détroit est simple, il faut se présenter à l’entrée quelques heures avant la marée descendante, enfin en théorie, car un fort vent d’ouest peut quasiment annuler le courant. Tout cela sans parler du rail de séparation de trafic pour les cargos qu’il faudra de toute façon traverser pour se rendre aux Canaries.

 

Nous voilà donc en train de faire route dans une mer cassante avec comme objectif de sortir du détroit ce jour coûte que coûte. Pour une fois que j’ai du vent ! Les cargos sont nombreux et il me faut slalomer entre ces mastodontes d’acier. 

 

Dès la sortie du port mon pilote automatique principal se comporte de manière étrange, je sors donc mon pilote de secours. Je me retrouve face à un dilemme : continuer sur mon pilote de secours en espérant régler le problème en route ou faire demi tour… Après réflexion, je décide de rentrer au port pour analyser le problème, si mon pilote de secours me lâche en chemin pour les Canaries il faudra barrer 24h sur 24h... Situation très problématique ! Des essais en mer très tôt le lendemain matin, me permettent de constater que le vérin du pilote est HS. 

 

Depuis le début de mon voyage, les coups dur s’enchaînent : météo difficile, pas assez de vent m’obligeant à faire route au moteur 24h sur 24h, un exercice usant pour les nerfs quand votre bateau est équipé d’un moteur de tracteur de plus de 40 ans. La perte du groupe froid à bord avec un début d’incendie et maintenant la perte de mon vérin de pilote automatique. 

 

Certains auraient peut-être baissé les bras mais pas moi ! J’ai l’immense chance et honneur de porter les couleurs de l’APIPD! De plus mon entourage, amis et famille, sont là, m’encouragent et me soutiennent, alors non ce n’est pas facile de voyager sur un bateau de régate des années 70 avec ces conditions mais oui je continue le couteau entre les dents !"

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